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Savoir investir dans la finance solidaire dans un secteur en plein essor

11-11-2013

Depuis la crise financière de 2007-2008, les Français cherchent plus volontiers des placements qui ont du sens. Ces placements qui incluent une dose de générosité sont de plus en plus présents.

Depuis sa création il y a onze ans, la finance solidaire a permis le financement de 100 000 entreprises et la création de 200 000 emplois. Elle a aussi permis de créer des logements sociaux, de financer le développement d'énergies renouvelables, l’agriculture biologique, ou bien encore de soutenir des projets de microcrédit dans des pays du Sud. Les premiers bénéficiaires de ces investissements sont, en effet, des associations. C'est le cas notamment d'Habitat et Humanisme , qui s'occupe de logement social, ou bien de France Active , qui aide la création d’entreprises.

Assurance-vie solidaire, investissements dans de petites entreprises, épargne de partage, plates-formes de financement, quels sont les produits dans lesquels on peut aujourd'hui épargner « solidaire »?

L'essor de la Finance Solidaire est indéniable : fin 2012, l'encours de cette autre forme d'épargne dépassait les 4,6 milliards d'euros, en hausse de 32 % en un an. Le nombre de particuliers ayant placé une partie de leur pécule dans ces placements (livret, assurance-vie, fonds d'épargne salariale...) a dépassé le million. Ce qui a permis de collecter 235 millions d'euros pour financer des entreprises solidaires, des SCOP, des associations... Pourtant, malgré ce succès, cette épargne ne représente que 0,12 % de celle des Français. L'objectif est d'atteindre 1% de l'épargne financière nationale dans dix ans soit près de 40 milliards d'euros.Pour atteindre cet objectif, l'association Finansol propose d'élargir l'actuel LDD, le Livret de développement durable, et d'en réserver une part à des entreprises solidaires.

La croissance actuelle s’explique par le développement de l'épargne salariale. Plus de 80% de ces encours ont, en effet, été réalisés par les salariés via leur dispositif d’épargne salariale solidaire, 10% par le biais d’un produit bancaire et 9% via un produit commercialisé par une entreprise solidaire.

Pour le reste , l'épargne solidaire ce n'est ni plus ni moins à ce jour  pour l'essentiel de produits d’épargne classique : livrets, SICAV, assurance-vie. La différence réside dans la finalité.

Le projet de loi porté par Benoît Hamon , ministre délégué chargé de l'ESS,  examiné en première lecture au Sénat depuis le 6 novembre 2013 pourrait changer la donne . Pour la première fois, un texte définit précisément les contours d'une galaxie disparate qui regroupe 200 000 entreprises et représente 10 % de l'emploi salarié en France.

Les quatrièmes Grands Prix de la finance solidaire ont été décernés lundi 4 novembre 2013 à Paris.

Organisée en partenariat avec Finansol , l'observatoire de la finance solidaire, France Info , France 3 et le journal "Le Monde" ces prix  récompensent des entreprises à forte utilité sociale et/ou environnementale qui ont bénéficié des subsides de l'épargne solidaire.

Palmarès 2013 des Grands Prix de la finance solidaire  

Planète Sésame 92, la graine et le bitume
Enercoop, de l'énergie à revendre
Juratri mise sur l'humain pour valoriser les déchets
Les fourneaux de MTC, une institution au Bénin

Prix Coup de coeur  décerné par les internautes le Court-Circuit , un café-restaurant implanté dans un quartier populaire de Lyon.

À l'occasion de la Semaine de la finance solidaire, tour d'horizon des placements originaux qui combinent performance économique et plus-values sociales et environnementales

Adhérer à une assurance-vie solidaire

Jusqu'en juin dernier, il n'existait pas de contrat 100 % solidaire. Il est désormais possible de souscrire ce type de contrat dans une dizaine de caisses régionales du Crédit agricole (et l'an prochain, dans la totalité). Le contrat solidaire de Predica , la filiale assurances de la banque, fonctionne comme n'importe quel contrat. « Il est né d'une demande de nos sociétaires, indique Romain Godec, responsable marketing de Predica. Ils souhaitent donner du sens à leur épargne et financer encore plus l'économie réelle. » Le contrat panache un support Euro solidaire, plus sûr et investi pour moins de 10 % dans des entreprises solidaires, et des unités de compte, plus risquées, mais également gérées sur des critères solidaires (dont deux fonds de partage au profit d'Habitat et humanisme et d'Action contre la faim ). Enfin, la moitié des frais de versement (fixés à 2 % du montant du contrat) est donnée à Initiative France ou à une association locale.

Entrer dans un club d'épargnants citoyens

Dans un des 220 Clubs Cigales existant en France, l'intégralité de la collecte d'épargne finance des projets solidaires locaux. Dans chaque club d'épargnants solidaires, une douzaine de membres collectent en moyenne 30 € par mois et les mettent en commun, pour faire émerger des initiatives environnementales et sociales. « Les Cigales sont nées il y a trente ans, explique Félicie Goyet, présidente des Cigales d'Île-de-France. Elles sont les premières à avoir parlé de retours extrafinanciers. Nous sommes des actionnaires patients, qui n'attendons pas des bénéfices élevés, mais qui voulons participer à la naissance de projets innovants. » Les Cigales sont des capital-risqueurs solidaires, qui restent minoritaires dans les entreprises, dont certaines ont connu de beaux développements comme les coopératives bio les Nouveaux Robinson ou le distributeur d'énergies renouvelables Enercoop , qui n'auraient peut-être pas trouvé de financements pour démarrer.

Souscrire un livret d'épargne de partage

Certains placements combinent performance et partage. Le Livret Agir du Crédit coopératif est le produit bancaire européen qui délivre le plus de dons parmi les produits de partage, tels ceux qui ont été inventés par cet établissement bancaire il y a trente ans avec le fonds Faim et développement pour le CCFD . L'an dernier, plus de 3,3 millions d'euros de dons ont été distribués à une vingtaine d'associations. « C'est un vrai engagement de nos clients, affirme Jérôme Henry, directeur du marché des particuliers. Ils acceptent de donner la moitié de leurs intérêts à des associations, comme l'Unapei,   Solidarités nouvelles face au chômage ou Écho-Mer , qui vise à préserver le milieu marin. » La rémunération du Livret Agir est de 1,85 % jusqu'à 15 300 € et 1,15 % au-delà. Il est possible d'ouvrir un maximum de trois Livrets Agir pour soutenir autant de causes de son choix.

Cliquer sur un site de financement participatif

Depuis cinq ans, les sites de financement participatif se multiplient, pour permettre à de nouveaux projets d'éclore: musiciens ou cinéastes avec My Major Company , activités dans les pays du Sud avec Babyloan ou jeunes pousses avec Ulule . Il suffit de quelques clics sur Internet. Parmi ces plates-formes, la coopérative Spear a choisi un développement original. « On invite les épargnants à acheter des parts de Spear, rémunérées au taux du livret A, précise ­Nicolas Dabbaghian, un des fondateurs. Cet argent est placé dans des banques partenaires, qui prêtent aux projets solidaires que nous avons sélectionnés, pour des sommes équivalentes. Quand la somme demandée par l'entreprise est réunie grâce à vos clics, le prêt est lancé. Plus les épargnants financent, plus le taux proposé sera réduit. » En trois ans d'existence, dix projets sont déjà financés, comme le traiteur d'insertion Planète Sésame ou l'Effet papillon , qui améliore le quotidien des personnes malades.

Investir dans une entreprise solidaire

Avec l'évolution de la législation fiscale, investir en direct dans une PME solidaire est plus avantageux qu'investir dans une PME classique. Grâce à Finansol, on continue de bénéficier de réductions fiscales quand on paie l'impôt sur le revenu (18 % avec un plafond à 10 000 €) ou l'impôt sur la fortune (50 % et 45 000 €), alors que c'est plus restrictif pour l'ensemble des PME. « Toutes les entreprises qui ont l'agrément solidaire, explique Sophie des Mazery, directrice de Finansol, quel que soit leur secteur d'activité et quel que soit leur âge, donnent droit à des réductions fiscales pour les particuliers, à condition de conserver ses parts pendant cinq ans, au lieu de dix ans pour les autres. » À l'issue des cinq ans, on récupère son capital, voire des intérêts. Ces entreprises solidaires, comme la Sidi , la Nef ou Garrigue , peuvent être facilement repérées sur le site de Finansol , qui garantit de son côté leur spécificité solidaire et la transparence dans l'utilisation de l'épargne collectée.

Faire une donation ou une cession temporaire d'usufruit

Investir dans l'immobilier peut être aussi un acte de générosité. Dans le cadre de son dispositif Propriétaires solidaires, la Fédération Habitat et humanisme propose aux particuliers qui le souhaitent le mécanisme de la donation ou de la cession temporaire d'usufruit. « Dans les deux cas, souligne Jean Guillaumond, responsable des dons et legs à Habitat et humanisme, les propriétaires conservent la nue-propriété de leur logement, tout en donnant ou cédant le droit d'usage à Habitat et humanisme, qui les loue ensuite à des personnes en difficulté. L'association assure le paiement des charges et les travaux d'entretien. À la fin de la convention, les propriétaires retrouvent la possession de leur bien. » Le choix de la donation ou de la cession dépend du propriétaire. Dans le cas d'une donation, la durée d'immobilisation est moindre (à partir de neuf ans), il n'y a pas de revenus versés et la valeur du logement sort du calcul de l'ISF. Dans une cession, la durée est fixée à au moins quinze ans et le propriétaire perçoit le produit de la cession, sur lequel il paiera l'impôt sur le revenu.




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