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Une augmentation de 10% de la dette publique réduit la croissance annuelle de 0,25%

19-10-2011

Que savent les économistes des effets de la dette publique sur l'économie?

La crise de la dette grecque et les craintes de propagation des turbulences sur toute la zone euro ont largement été décrites par les médias.

Une première étude réalisée par deux experts fort réputés (Reinhart et Rogoff, 2010) avait observé un écart de croissance de 2,6% entre les pays peu endettés (30% du PIB) et les pays fortement endettés (plus de 90%). Ils avaient notamment mis en exergue l'aggravation de ces effets dès que la dette publique franchit la barre des 90% du PIB.

Kumar et Woo, deux économistes du FMI, complètent ces travaux car Reinhart et Rogoff n'avaient pas pris en compte d'autres facteurs de croissance ni étudié l'éventuation d'une relation de causalité inverse: une faible croissance économique peut aggraver la dette publique.

Kumar et Woo poursuivent sur cette voie en s'appuyant d'une part sur les études économiques consacrées aux seuls pays émergents et d'autre part une littérature abondante sur les facteurs de croissance. En effet, l'augmentation d'endettement peut freiner la croissance par différents canaux. L'augmentation de la dette peut pousser les taux d'intérêt à la hausse et ainsi freiner l'investissement. Elle peut faire craindre un relèvement des impôts, une hausse de l'inflation ou accroître l'incertitude des acteurs économiques et les inciter à moins prendre de risques, donc à moins investir.

L’étude de Kumar et Woo montre qu'une augmentation de 10% de la dette publique réduit la croissance annuelle de 0,25% sur une longue période. Leur travail empirique se base sur la période allant de 1970 à 2007 et porte aussi bien sur les pays émergents que les pays industrialisés. Le ralentissement est de 0,15 à 0,2% dans les premiers et de 0,3 à 0,4% dans les seconds. L'explication à cet écart tient au développement du système financier et à un accès incertain aux marchés internationaux des capitaux.

Cette détérioration de la croissance reflète un ralentissement de la productivité induit par une diminution de l'effort d'investissement de 0,4% en moyenne. Une autre observation s'avère cruciale: le niveau initial de la dette publique. Si elle dépasse 90% avant que ne se produise l'augmentation de la dette, la croissance sera réduite plus fortement que si elle part d'un bas niveau (30%). La différence est de 1,3% dans les pays industrialisés et de 2,8% dans les pays émergents.

Public Debt and Growth Manmohan S. Kumar and Jaejoon Woo

 




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