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Sommes-nous à la fin d'un cycle économique?


 "Pourquoi Wall Street baisse-t-elle quand les résultats de l'économie américaine s'améliorent ?

C'est très simple. Les marchés anticipent les tendances. Ils sont à la hausse quand l'économie est faible, car on ramasse alors beaucoup d'argent disponible, qui n'est pas investi dans les entreprises. Dans cette situation, la Réserve fédérale cherche à stimuler l'économie en abaissant les taux d'intérêt, ce qui accroît la masse d'argent disponible, laquelle se dirige d'abord sur le marché boursier.
La Bourse monte quand l'économie s'anémie, mais quand celle-ci repart, la Bourse prévoit que les taux d'intérêt vont augmenter et que le surplus monétaire va abandonner le marché boursier. Donc la Bourse baisse. Elle n'est pas, contrairement à ce que beaucoup imaginent, le reflet de la situation économique. D'une certaine manière elle l'entraîne. Si elle s'effondre, cela peut menacer l'économie." George Soros, Le défi de l'argent, 1996.

Dix ans plus tard après la publication de ce bestseller , sommes-nous dans la situation décrite par Soros.

Il y a trois questions : Où en sommes-nous dans le cycle économique ? Quel type de ralentissement allons-nous avoir ? Et, enfin, quel est le pronostic pour le marché de l'immobilier résidentiel ? Tous les chiffres nous indiquent aujourd'hui que nous sommes dans la phase terminale du cycle, et non pas au milieu. Le taux d'épargne est négatif, le chômage est à un plus-bas de sept ans aux USA. Le taux d'utilisation des capacités est à un plus-haut de sept ans. Les marges opérationnelles n'avaient plus atteint un tel niveau depuis quatre décennies. Nous sommes donc bien à la fin de la période d'expansion, une phase semblable à 2000-2001. L'inversion de la courbe des taux le confirme. Ce phénomène, qui ne se produit pas si souvent, n'est pas un sujet de conversation dans les cocktails. Il s'agit pourtant du meilleur des indicateurs avancés. L'écart entre le rendement obligataire à trente ans et le taux des Fed funds était devenu négatif à la fin du premier trimestre, en 2000. Exactement quatre trimestres plus tard, nous étions dans un ralentissement brutal, que personne n'avait vu venir.

Le marché des obligations s'attend clairement à un ralentissement, et la courbe de rendement signale un risque croissant d'une récession. 

 Une courbe de taux inversée est le meilleur indicateur d'une récession. Si nous avions la même synchronisation qu'en l'an 2000, cela suggérerait une récession commençant dans le deuxième trimestre de 2007.Deux alternatives:  soit nous assiterons à un soft landing, atterrissage en douceur de l'économie, soit à une phase de récession.

Très souvent quand il y a une inversion de la sorte sur la courbe des taux, une récession arrive quelques mois après et c'est ce que la FED essaye de combattre pour le moment.


Le niveau des taux, aussi bien que la pente et la durée de la courbe, ne sont pas encore aussi restrictif que la dernière fois vers la fin de 2000.

Cependant, une courbe inversée est un signal très important pour tous les marchés, et en particulier les actions. L'inversion signale traditionnellement un ralentissement économique certain. 

A chaque fois que les taux longs ont dépassé les taux courts au États-Unis, la volatilité implicite des actions américaines mesurée par le VIX a progressé dans l'année qui a suivi, déjà un mouvement violent est apparu cette semaine.

 Les plus optimistes justifient la faiblesse du VIX par l'impact des flux d'achat d'emprunts d'État par les non-résidents, évalués à 800 milliards de dollars, quatre fois ceux des investisseurs institutionnels américains. 

Si la Fed avait la moindre peur de l'inflation, pourquoi aurait-elle mis un terme à son cycle de durcissement ? L'histoire nous apprend que, lorsqu'elle interrompt ses hausses des taux pendant quatre mois au moins [la première pause a eu lieu en août], le mouvement suivant est toujours un assouplissement.

Historiquement, le marché boursier réagit mal une fois que le FED cesse d'augmenter les taux étant donné que l'économie est au bord d'une récession .

Si vraiment ce risque existe la FED devra baisser ses taux pour tirer l'économie hors de la récession et les actions devraient baisser a cour terme mais rien n'est sûr malheureusement.Il se peut que l'économie ne freine pas trop brutalement et alors le marché boursier ne sera pas franchement baissier mais mais très volatil  finalement comme ce fut le cas au milieu des années 90.

L'impact d'une forte hausse des taux.

Les ménages consomment moins, car le crédit est plus cher, ce qui provoque une récession économique.

Les placements en action perdent de leur intérêt face aux placements monétaires ou obligataires. Le risque inhérent à un investissement en action est donc comparativement moins bien rémunéré lorsque les taux sont élevés que lorsqu'ils sont faibles. Certains investisseurs préfèrent donc se retirer des marchés actions, ce qui provoque une pression vendeuse, donc une baisse des cours.

Les dividendes des entreprises étant liés à leurs bénéfices, lesquels ne proviennent pas de placements financiers, les dividendes versés sont indépendants des taux, ils ont même tendance à diminuer puisque les prêts étant plus chers, toute nouvelle dette impacte directement le bénéfice net, donc le rendement. Les investisseurs anticipent ce fait, ce qui accentue la tendance au dégagement et donc à la baisse des cours.

La hausse des taux implique aussi un surcoût pour les investisseurs qui empruntent pour acheter des actions. Ce facteur participe à diminuer la liquidité financière.

Les actions  baissent, jusqu'à ce que leurs rendements (les dividendes versés) s'équilibrent avec les taux. En effet, plus le cours d'un titre baisse, plus son rendement augmente.

Pourquoi donc les récessions économiques surviennent-elles?

 Les théories les plus différentes parfois incohérentes circulent sur le sujet, aussi bien chez les profanes que chez les économistes. Pour certains, ce sont les chutes de la bourse qui provoquent la récession; pour d'autres, une baisse de confiance de la part des consommateurs ou des salaires trop bas; pour d'autres encore, la spéculation ou les changements technologiques trop rapides – ou trop lents! 
   
Côté solution, le remède keynésien qui a longtemps été prescrit – et qui a été malancontreusement encore mis en oeuvre au Japon  dans les années 90 avec des résultats désastreux – est de tenter de relancer l'économie avec des programmes de dépenses et une politique monétaire laxiste. Le keynésianisme est moins à la mode aujourd'hui, mais la théorie monétariste qui a dominé ensuite prescrit toujours la méthode d'une relance par l'inflation .  
   
La seule explication économique qui se démarque nettement de toutes ces formules  est la théorie des cycles . Cette théorie, développée il y a 80 ans par  Ludwig von Mises, s'appuie sur un constat: toutes les récessions sont précédées d'un boom qui découle d'un gonflement artificiel du crédit et de la masse monétaire. Pendant le boom, les investissements irréalistes se multiplient et mènent à une distorsion générale des prix et de l'activité économique. La récession survient parce que ces investissements non rentables doivent nécessairement être liquidés.  
   
La récession est une phase inévitable de rééquilibrage avant que la croissance puisse reprendre. Tenter de l'empêcher par des programmes de dépenses ou une baisse des taux d'intérêt, comme le proposent keynésiens et monétaristes, ne peut que la prolonger en ralentissant le processus nécessaire de liquidation, tout en créant de nouveaux malinvestissements.

Peut-être des opportunités d'achats ?

C'est exactement ce qu'un investisseur à long terme recherche en se positionnant sur les valeurs les mieux gérées bradées pendant ces trous d'air de l'économie  .

La période d'incertitude qui débute et qui devrait être plus longue qu'au mois de mai dernier sera proprice à cette stratégie.




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