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L'ISR n'est plus marginal.


L'investisseur qui investit dans un fonds ISR souhaite que son portefeuille reflète ses convictions sociales et environnementales, mais n'est pas prêt,pour autant, à renoncer à la performance boursière. En ce sens, les fonds ISR se distinguent des fonds de partage qui reversent une partie des gains à des associations caritatives.

L'investissement responsable n'est plus, aujourd'hui, un phénomène marginal.
Nombreux en sont les signes et même les preuves. Les montants sous gestion sont certes encore relativement modestes, mais ils sont en forte croissance. C'est un véritable "écosystème ISR" qui se met progressivement en place, mobilisant les gérants, bien sûr, mais aussi les analystes, les notateurs, les économistes, les émetteurs, les syndicalistes, les investisseurs... Tout n'est certes pas stabilisé, mais il est désormais clair qu'il ne s'agit pas, ou plus, d'un simple phénomène de mode. Une dynamique vertueuse semble s'être enclenchée.  Les entreprises industrielles et de services réalisent progressivement que la responsabilité sociétale est pour elles un fort atout potentiel, au moins autant qu'une contrainte qu'il leur faudrait accepter.
Le capitalisme des marchés financiers saura-t-il saisir cette opportunité pour devenir moins court-termiste? Ses acteurs deviendront-ils plus sensibles à la nécessaire prise en compte des enjeux environnementaux et sociaux?

Les encours ISR européens ont atteint le chiffre symbolique de 1000 milliards d'euros. C'est ce qu'annonce une étude publiée par Eurosif le 12 septembre 2006. Cette enquête, réalisée dans 9 pays  (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suisse) évalue la part de l'ISR à 10-15 % des encours européens globaux. La France se situe au 4eme rang et se caractérise par le dynamisme de son marché et le rôle de l'épargne salariale.

Avec 8,2 milliards d'euros, la France représente 8% du marché européen du « core SRI » où elle se classe, en quatrième position après les Pays-Bas (41,5 milliards où domine l'exclusion éthique), le Royaume-Uni (30,5 milliards dont 22,5 milliards de sélection positive sur critères environnementaux, sociaux ou de gouvernance) et la Belgique (9,5 milliards).
Deux spécificités françaises :
- la part importante de l'épargne salariale qui à fin 2005 représentait 1,29 milliards d'euros soit 14 % des encours
- l'intégration de critères extra-financiers dans la gestion concernait plus de 5 milliards d'euros d'encours alors que ce type de pratiques, au niveau européen représentait, 641 milliards d'euros. Cet écart s'explique par le nombre encore faible d'investisseurs institutionnels français recourant à ce type d'approche plus transversale.

La gouvernance d'entreprise et l'investissement socialement responsable (ISR) ont atteint des sommets en 2003 avec des informations continuelles sur les inquiétudes qu'a le monde de l'investissement sur les facteurs de risque « extra financiers ».Ce qui était traditionnellement une niche est lentement en train d'évoluer vers une nouvelle phase de développement. 

Ces dernières années ont témoigné de l'évolution importante du marché de l'ISR. Il y a eu une croissance rapide des fonds incorporant la prise en compte des valeurs incorporelles, avec une attention beaucoup plus grande portée à ces fonds par les sociétés de gestion. Même si la définition de l'ISR est très large, avec des degrés variables d'applicabilité, le marché de l'ISR institutionnel européen pèse 336 milliards d'euros (1). Dans le même temps, une industrie de la recherche en développement durable en pleine croissance gagne du terrain et la gestion des risques et opportunités sociales et environnementales des entreprises est observée de manière de plus en plus pointue, à travers leurs politiques de responsabilité sociale (RSE), qui tend à devenir un objectif stratégique dans la sauvegarde de leur réputation.

Plusieurs événements, dont des investisseurs ont été à l'origine, ont accru l'intérêt de la recherche en développement durable. En 2003, certains progrès-clés ont montré que la gouvernance d'entreprise est un sujet crucial pour l'ISR, notamment avec des questions portant sur la rémunération du conseil d'administration, la transparence, la fraude et les engagements hors bilan. Ces questions ont été largement débattues, montrant la reconnaissance croissante de l'importance de la gouvernance d'entreprise dans la pérennité financière et appelant à une plus grande transparence. Il est demandé de manière de plus en plus aigue aux entreprises de protéger leur réputation. 2003 a vu certaines d'entre elles sous le feu d'une intense critique pour des problèmes de gouvernance et - plus largement - des questions sociétales telles que l'obésité, l'accès à l'eau , le réchauffement climatique ou l'accés aux médicaments. En outre, l'activisme actionnarial a continuellement progressé - tant à travers l'exercice des droits de vote que par la pratique d'un dialogue direct avec les entreprises, afin de peser sur leurs comportements. Certaines institutions ont commencé à publier leur politique de vote ou tiennent cette information à disposition sur demande.

L'an dernier a vu le lancement du Investor Network on Climate Change aux Etats-Unis - une organisation similaire au Institutional Investor Group on Climate Change britannique - afin de promouvoir chez les investisseurs institutionnels une meilleure compréhension des risques associés au changement climatique. En outre, le Carbon Disclosure Project, une alliance de 87 investisseurs représentant 4,87 trilliards de livres britanniques, publiera pour la seconde année les résultats sur la manière dont les entreprises ont géré et fait face à ces risques .

Les titres ont vocation à être longtemps en portefeuille. Le développement durable ne s'entend pas à court terme. La réduction du profil de risque d'une société par la prise en compte de critères de développement durable générera de la performance mais il faut attendre que le marché le valide.


Avec le protocole de Kyoto la responsabilité  sociale des entreprises et même des gouvernements risque de soulever encore bien des passions tant dans les entreprises que dans la population en général.

Est-on face à un phénomène de mode ou est ce le début d'un changement du capitalisme financier mondial ? Plus le mouvement s'amplifie , plus l'ensemble de la profession doit évoluer. Jusqu'où ira ce phénomène ? 




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